L’essentiel
de la vie quotidienne ne se déroule plus aujourd’hui autour du
domicile, mais dans un espace éclaté dont l’échelle est métropolitaine [1].
Pourtant, n’importe quelle enquête ethnographique ou sociologique le
montre, au centre des villes et dans leurs proches banlieues, les gens
restent très attachés à leur quartier, qu’ils qualifient volontiers de
« village ». Et autour des agglomérations, au-delà des banlieues, la
vie de citadin à la campagne, dans un village anciennement rural,
connaît un grand succès. Il y a là un paradoxe, qu’exprime
l’inadaptation du terme de village pour qualifier la relation
contemporaine au quartier et aux espaces résidentiels. Même animée, la
vie de quartier n’a plus grand-chose de commun avec celle des villages
ruraux paysans tels que les ethnographes les décrivaient encore dans
les années 1960 [2],
avec un horizon quotidien cantonné dans un finage ; à la différence des
villageois de cette époque, les citadins passent l’essentiel de leur
vie quotidienne hors de leur quartier et supportent mal un contrôle
social fort de la part de leur voisinage. Il n’y a certes là rien de
nouveau, mais on a encore des difficultés à qualifier la relation que
conservent les citadins avec les espaces qui entourent leur logement.
Ces difficultés sont manifestes quand il s’agit de décrire les modes
de vie dans les périphéries pavillonnaires. Avec leurs rues
résidentielles désertes et leurs autoroutes surchargées de véhicules,
ces dernières mettent clairement en évidence ce que certains ont appelé
« la fin des quartiers » [3]
ou la « déterritorialisation » des modes de vie. Mais, avec leurs
ensembles pavillonnaires privés et sécurisés (souvent désignés par leur
nom anglais gated communities), les périphéries mettent tout
aussi clairement en évidence ce qu’il est convenu d’appeler le repli
sur « l’entre-soi ». Que penser de ce paradoxe entre une vie de
quartier qui paraît perdre de son importance et des ancrages locaux qui
s’exacerbent ? Comme beaucoup de paradoxes, celui-ci résulte moins
d’une contradiction dans la réalité que d’une déficience des concepts
mobilisés. Son énoncé repose sur des oppositions profondément ancrées
dans les représentations du social telles que l’opposition entre
l’ancrage et la mobilité, ou celle entre communauté et société. Or si
ces oppositions ont été utiles pour penser la transition du rural vers
l’urbain à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, elles ont perdu
cette utilité dans des sociétés qui sont largement urbanisées. Ces
dichotomies constituent à présent un écran idéologique qui conduit à
opposer des phénomènes devenus complémentaires.
L’ancrage local à l’heure métropolitaine
Il faut penser la territorialisation locale avec la mobilité plutôt que contre la mobilité [4].
Ainsi, c’est précisément parce que les citadins passent l’essentiel de
leur temps ailleurs que dans leur quartier et parce qu’ils ne font pas,
ou plus, communauté avec leurs voisins, que les gated communities connaissent un tel succès. Autrefois, dans les quartiers vivants, où
les liens locaux étaient nombreux et forts, il existait ce que Jane
Jacobs a appelé les « yeux de la rue » [5]
et chacun, commerçant, passant, riverain, participait à une
surveillance collective. Dans un tel contexte, les habitants
ressentaient peu le besoin de recourir à des dispositifs techniques ou
à du personnel spécialisé pour contrôler les comportements. Mais, dans
les espaces résidentiels contemporains, où la norme est de ne pas se
mêler des affaires des autres et où le voisin est rarement un ami, un
collègue ou un parent, les habitants ne souhaitent pas s’impliquer dans
le contrôle des espaces collectifs et préfèrent déléguer cette tâche à
des prestataires extérieurs ou à des dispositifs techniques. De ce
point de vue, on doit comprendre le développement des gated communitiesnon pas comme l’affirmation d’un repli communautaire, mais exactement
comme le contraire, c’est-à-dire comme la conséquence de
l’affaiblissement des liens communautaires locaux, ce que Philippe
Robert appelle l’érosion de la « socialité vicinale » [6], érosion qui résulte principalement de l’importance des mobilités résidentielles et quotidiennes.
Le travail qu’il convient de faire pour sortir de l’opposition entre
ancrage et mobilité est déjà bien amorcé. On doit noter en France la
contribution d’Yves Grafmeyer et ses collègues, dont les enquêtes dans
des quartiers denses de centre-ville ou de faubourgs ont montré que le
développement des mobilités n’entraîne pas la fin des quartiers,
contrairement à ce qu’annonçaient certains dans les années 1990 [7].
Comme l’écrit Yves Grafmeyer, « l’ancrage dans le quartier n’est
nullement exclusif d’un fort investissement dans d’autres espaces de la
ville » [8].
Il reste cependant, au-delà du constat des complémentarités possibles
entre ancrage local et rapport élargi à la ville, à construire un
modèle théorique permettant d’expliquer en quoi un ancrage local fort
peut s’accorder à une mobilité quotidienne intense et à une pratique
très éclatée des espaces métropolitains.
Le club : nouveau modèle des relations de voisinage
Le concept de club semble prometteur dans cette perspective. Ce
concept et d’autres similaires ne sont pas nouveau en sociologie. Georg
Simmel notamment a caractérisé la vie urbaine avec le concept de
cercle, que l’on pourrait rapprocher de celui de club [9].
Au demeurant, nous proposons ici une définition particulière, inspirée
de l’économie et des travaux du géographe anglais Chris Webster [10].
Pour les économistes, le club est une forme de partage d’un bien ou
d’un ensemble de biens. Cette forme de partage peut être définie avec
deux critères : la possibilité d’exclure des usagers potentiels et
l’absence de « congestion » entre les usagers effectifs (autrement dit
la jouissance du bien doit être faiblement affectée par le partage). La
satisfaction de ce deuxième critère est bien évidemment liée à celle du
premier, puisque c’est souvent en limitant le nombre de membres que
l’on évite la congestion. Un jardin paysager ou une piscine dans une
copropriété résidentielle répondent indiscutablement à ces deux
critères, du moins si les « résidants » ne sont pas trop nombreux et
s’ils se réservent l’accès à ces équipements (condition dont la
satisfaction peut imposer des restrictions d’accès et contribue
largement au développement des gated communities).
Un club peut aussi bien être géré par une structure publique que
privée. Les exemples ci-dessus ont insisté sur les ensembles
résidentiels privés, mais des municipalités peuvent tout autant être
concernées. Elles disposent en effet d’outils exclusivistes : elles
peuvent réserver l’accès à leur territoire à des populations choisies
et mettre en œuvre des politiques de contrôle social du peuplement (en
limitant par exemple la construction de logements sociaux ou en
interdisant la construction de logements collectifs). Les différences
sont potentiellement très importantes : en Île-de-France, entre la très
bourgeoise Neuilly et une commune de Seine-Saint-Denis également
limitrophe de Paris mais défavorisée, les prix pour un même logement
peuvent varier de un à cinq, voire plus [11].
Ceci étant, jusqu’où peut-on comparer des municipalités à des
clubs et leurs habitants aux membres d’un club ? Le cas présenté plus
bas des petites communes périurbaines montre que ce rapprochement peut
être poussé assez loin. Il n’aurait pourtant pas eu de sens il y a
encore quelques décennies. L’évolution relève de ce que nous proposons
de nommer « clubbisation ». Le néologisme n’est guère élégant, mais il
a le mérite d’être parlant. La clubbisation est le passage d’une
relation à l’environnement local qui tend vers l’idéal-type de la
communauté (tel qu’il s’incarnait encore dans nombre de villages ruraux
dans les années 1960) à une relation qui tend vers l’idéal-type du club
(tel qu’il s’incarne notamment dans la copropriété résidentielle et, de
plus en plus, comme on va le voir, dans certaines communes
périurbaines). La clubbisation est donc le passage d’une relation au
local où les questions centrales étaient les modalités du
vivre-ensemble et le partage des ressources collectives pour un groupe
donné, à une relation où la question centrale est la définition d’un
groupe pour le partage de biens donnés. Dans une perspective inspirée
des « sphères de justice » de Michael Walzer, selon laquelle le
politique constitue une sphère relativement autonome [12],
on peut dire que les dernières décennies ont été marquées par le
passage d’une relation d’abord politique au local (où prime le rapport
à l’autre, comme dans une communauté villageoise) à une relation
d’abord économique au local (où prime le rapport à des biens dotés
d’une valeur marchande, l’un de ces biens pouvant être les membres
eux-mêmes, comme dans le club de gentlemen).
Ces transformations, loin d’être en contradiction avec les mobilités
quotidiennes et résidentielles, en sont au contraire l’expression. On
peut avoir un rapport marchand aux services, biens et aménités qui sont
liés à la résidence en un lieu dans la mesure où l’on choisit ce lieu
d’habitation (compte-tenu des contraintes imposées par ses revenus). De
même, on peut ne pas se sentir lié politiquement à ses voisins et
considérer que son destin est relativement indépendant de celui de son
quartier, parce que l’on peut changer de lieu d’habitation [13].
Enfin, avec l’extension des territoires de la vie quotidienne, on
dépend de moins en moins de son quartier pour son emploi, ses amis ou
sa famille. L’environnement local, le quartier ont par conséquent perdu
une large part de leur valeur politique. Le développement d’internet et
des diverses formes de sociabilité qu’il permet ne fait que renforcer
cette dynamique de déconnexion entre les espaces porteurs d’enjeux
politiques et les espaces résidentiels [14].
L’espace politique s’efface à l’échelle du quartier et se maintient
seulement à des échelles plus larges, celles du bassin de vie, de la
région métropolitaine, du pays ou de l’espace transnational [15].
Les communes périurbaines : des clubs résidentiels ?
Un territoire montre de manière quasi idéal-typique la nature du
phénomène : celui des périphéries des grandes villes françaises. La
clubbisation y imprime clairement sa marque, avec la transformation des
villages ruraux en clubs résidentiels. Aujourd’hui en France, près de 20 000 communespeuvent être considérées comme périurbaines au sens de l’INSEE. Ce sont
généralement d’anciens villages absorbés dans l’aire d’influence d’une
ville. Dans environ neuf cas sur dix, les communes périurbaines
comptent moins de 2 000 habitants et leurs espaces bâtis,
essentiellement pavillonnaires, sont entourés d’espaces agricoles et
naturels [16].
Dans ces communes, l’acquisition d’une maison individuelle ressemble
beaucoup à l’acquisition d’un ticket d’entrée dans un club
résidentiel : en emménageant dans un pavillon, on devient également
« membre » d’une municipalité dont les habitants sont unis par la
jouissance commune d’un cadre de vie particulier. Par l’effet du marché
immobilier, les « clubs » qui offrent le cadre de vie le plus recherché
deviennent ceux dont le « ticket d’entrée » est le plus onéreux. Les
clubs les moins recherchés, car éloignés des centres ou soumis à des
nuisances, sont pour leur part les moins coûteux et accueillent
prioritairement les ménages des classes moyennes inférieures. Le tri
social est d’autant plus vigoureux que le voisinage de ménages aisés
étant très recherché (principalement pour l’éducation des enfants), les
familles favorisées attirent les familles favorisées. Dans ce contexte,
les habitants se regroupent à partir de goûts et de revenus similaires.
Ils sont liés par le partage des biens qu’ils ont acquis (ou qu’ils
louent) et se préoccupent avant tout de la gestion et de l’entretien de
ces biens, dans une logique économique proche de celle qui préside au
fonctionnement d’une copropriété. Ils se préoccupent également de se
réserver l’accès et l’usage de ces biens, ce qui fait de l’exclusivisme
et de la détermination des modalités d’appartenance au groupe une
question centrale. Cela se traduit entre autres par des règlements
d’urbanisme visant à contrôler les qualités du peuplement, avec par
exemple l’interdiction de construire des immeubles d’habitation
collectif, voire l’interdiction de toute construction nouvelle.
La situation est ici très différente de celle qui prévalait dans le
village paysan, où l’appartenance à la communauté locale était plus une
donnée qu’un choix et où, par conséquent, la question de la
détermination des modalités d’appartenance au groupe était secondaire [17].
Par ailleurs, dans le village rural traditionnel, les habitants avaient
des positions sociales et des intérêts très divers (un village, même
petit, avait ses riches et ses pauvres), ce qui induisait des débats de
nature politique sur le développement de leur communauté et sur la
détermination des modalités de partage des biens communs [18].
Un exemple peut éclaircir les choses : dans une commune paysanne qui
disposait d’une forêt communale, il était courant que celle-ci fasse
l’objet d’une exploitation (via l’affouage par exemple). La
détermination des bénéficiaires de cette exploitation soulevait peu de
difficultés : c’étaient les habitants, groupe social relativement
stable, fondé sur la continuité temporelle. Il y avait bien quelques
discussions, notamment à propos des forains et des marchands qui
n’étaient que rarement présents dans la commune. Mais ces problèmes
étaient secondaires au regard de ceux posés par la répartition des
bénéfices entre les habitants. Certains souhaitaient par exemple que
les bois communaux bénéficient surtout aux familles modestes en leur
permettant d’accéder à des ressources qu’elles ne possédaient pas. Ils
contestaient alors la place faite aux riches, par exemple parce que la
commune donnait un accès proportionnel aux terres possédées. Ces débats
pourraient faire l’objet de longs commentaires. L’essentiel pour notre
propos est de noter que le cœur du débat ne résidait pas dans la
détermination des bénéficiaires de l’accès aux biens communaux, mais
dans les modalités du partage.
Dans une commune périurbaine résidentielle, la situation est
inverse. Poursuivons avec l’exemple des bois. Dans le périurbain, les
espaces boisés communaux, lorsqu’ils existent, sont valorisés comme
paysages et comme lieux de loisir [19].
Ces demandes propres aux périurbains aboutissent souvent à ce que ces
bois soient transformés en espaces verts protégés ou soient intégrés à
un parc naturel régional. La mise en valeur paysagère prime alors sur
l’exploitation des ressources forestières. Plus question, par exemple,
de déboiser en coupes claires. Par ailleurs, le problème des habitants
de la commune n’est pas de se partager les bénéfices de l’accès aux
espaces boisés, car un tel partage n’a pas de sens : on ne divise pas
la jouissance d’un paysage ou la déambulation sur des chemins. Le
problème est plutôt de déterminer le nombre et les qualités de ceux qui
peuvent jouir des paysages locaux ou se promener dans les espaces
verts, et plus particulièrement de limiter les risques de
« congestion ». Ainsi, l’une des principales préoccupations des
habitants des petites communes résidentielles est de limiter
l’urbanisation de leur commune. Cette crainte renvoie à un souci pour
la qualité du paysage dont ils jouissent. Pour les périurbains, plus de
maisons individuelles dans leur commune, c’est potentiellement moins de
surfaces boisées. Parallèlement, si la population augmente, les chemins
et les clairières risquent d’être plus fréquentés lors des promenades
dominicales. Dans le club résidentiel périurbain, les débats portent
donc sur les modalités d’accès. Ils ne portent pas ou très peu sur les
modalités du partage. Ils portent également peu sur des projets
politiques car, d’une part les goûts et les revenus sont relativement
homogènes, d’autre part les habitants se sont engagés en amont, lors de
la signature de leur bail ou de leur acte de propriété, à jouir d’un
cadre de vie déterminé suivant des modalités fixées, qui ne doivent
plus être modifiées. Cet engagement est comparable à celui pris lors de
l’emménagement dans une copropriété.
La clubbisation ou des biens communs aux biens clubs [20]

La « clubbisation » et la métropole
Ces exemples le montrent, avec les concepts de clubs et de
clubbisation, on peut appréhender le rapport au local en dehors de la
dichotomie entre communauté et société. Ces concepts permettent de
penser une relation forte au lieu de résidence non pas contre la
mobilité, mais avec la mobilité. Ils permettent de dire pourquoi et
comment la relation au lieu de résidence a changé de nature. La
communauté locale n’est plus donnée parce que son périmètre social
fluctue significativement au gré des mobilités résidentielles et
quotidiennes. Le quartier est de moins en moins le lieu du destin
partagé par une communauté relativement stable et de plus en plus un
lieu de partage de biens collectifs spécifiques par des individus
regroupés de manière temporaire (sinon dans les faits, du moins dans la
représentation qu’ils se font de leur situation). Pour dire les choses
de manière concise, ce n’est plus le groupe qui fait le quartier, mais
le quartier qui fait le groupe. Les équipements, les aménités ou les
services offerts par un quartier ne sont plus produits par un groupe,
mais produisent un groupe. Ce faisant, plutôt que les modalités de
partage des ressources offertes par un lieu, la question centrale
devient les modalités d’accès à la résidence dans un lieu. Et l’enjeu
central de ce contrôle d’accès est incontestablement, et de plus en
plus [21],
l’environnement social. Ceci dans un cadre où le voisinage importe
moins comme espace politique que comme bien économique. Dans les termes
de la philosophie pluraliste de Michael Walzer [22],
en effet, les relations des citadins à leur quartier s’inscrivent dans
un registre de moins en moins politique et de plus en plus économique.
Que penser de cette clubbisation en termes politiques et moraux et,
au-delà, que doit-on faire ? Pour répondre à ces questions, il faudrait
évaluer l’ampleur de la clubbisation. Il faudrait notamment déterminer
si les clubs résidentiels périurbains qui viennent d’être décrits ont
des homologues dans les centres-villes ou dans les banlieues. Même en
s’en tenant au périurbain toutefois, le phénomène est massif et
concerne potentiellement des centaines de communes autour de chaque
grande ville. Faut-il s’opposer à cette clubbisation des périphéries,
et lutter notamment contre la marchandisation de l’environnement social
et ses corollaires, la division sociale de l’espace et la ségrégation ?
Poser la question en ces termes paraît inapproprié. La clubbisation est
une tendance lourde et il serait vain de s’y opposer frontalement (du
moins dans une perspective réformiste). Les marges de manœuvre et les
véritables enjeux politiques résident dans le fait que le nouveau
rapport à l’environnement local qui résulte de la clubbisation est
aussi un nouveau rapport à la métropole. Des clubs résidentiels ne
peuvent se constituer que dans des relations de dépendance fortes avec
un environnement métropolitain : pour vivre dans une commune
résidentielle, il faut pouvoir travailler dans une deuxième commune,
faire ses courses dans une troisième et envoyer ses enfants au collège
dans une quatrième. Bref, la clubbisation n’exclut pas la sphère
politique des questions urbaines, elle redéfinit les échelles et les
espaces pour lesquels cette sphère est pertinente. Si on peut de plus
en plus choisir ses voisins, la métropole s’affirme de plus en plus
comme un territoire commun à partager. L’enjeu est alors la régulation
politique de ce territoire commun et des relations qu’il fait naître
entre ses composantes. Une première étape vers cette régulation est la
prise de conscience par les citadins des dépendances organiques entres
les composantes des territoires métropolitains qu’ils habitent et
qu’ils pratiquent. Pour ce faire, il faut décrire correctement la
situation et cesser d’opposer le repli sur l’entre-soi et la métropole,
ce que les concepts de club et de clubbisation peuvent aider à faire.