Longtemps je me suis couché de bonne heure.
Vingt heures, au lit. C’était la belle époque. Le monde était beau, le monde était grand, le monde était joyeux. La journée, je ne pensais qu’a jouer. Je détruisais tout, pièce par pièce. Chaque jouet cachait un petit monde à l'intérieur. Des choses, de forme et de taille différentes, généralement noires. Certains avaient aussi des fils jaunes et rouges. C'était mes préférés. J'essayais de deviner l'intérieur de chacun, avant de tout démonter. Je me trompais toujours. J'espérais à chaque fois tomber sur un jouet aux fils de couleur, ça me rendait joyeux. Je pensais qu’ils étaient heureux.
Ma fascination pour les jouets électroniques rendait ma mère folle de rage. Elle me grondait toujours. J’étais un incompris. Je voulais juste comprendre d’où les bruits et les mouvements venaient. J’essayais toujours de les reconstruire mais jamais je n’y suis parvenu. Je les cachais dans mon placard, je les comparais, les combinais mais toujours pas. Je ne comprenais rien. Ils étaient détruits. Un jour, assis dans le salon, je mangeais un petit biscuit aux pépites de chocolat quand la voix de ma mère raisonna dans toute la maison. Elle criait : « Arthur! Arthur viens ici!». J’avais peur. Je tremblais, je ne comprenais pas pourquoi elle me réclamait. Elle était dans ma chambre, mes jouets à ses pieds et elle criait: « tu n’auras plus de jouets, tu n’aura plus de jouets!». J’étais incapable de me justifier. J’étais terrifié, je pleurais. Les jouets à la main, je la vis se diriger vers la poubelle. Ce moment fut très dur pour moi, j’étais attaché à ces jouets. Ils n’étaient pas que de simples objets cassés. J’avais passé du temps avec eux, je leur avais à tous donné un nom. C'était mes amis. J’essayais de les comprendre. A Noël, l’arrivée de Robocop. Mais rien n’était pareil. Je ne voulais pas remplacer mes anciens amis. Dans son paquet, il était resté.
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