A. Tu vois cette barre ? Elle s’appelle le 6B. Intègre-la.
B. Je suis un artiste ou un homme d’affaire, je traverse cette barre qu’on appelle le 6B, composée de deux rectangles en « L » collés par leur petite extrémité.
A. Oui, tu la parcours de long en large. Tu te demandes comment des artistes vivent et créent dans un endroit pareil.
B. Et je découvre les alentours. Entre le gazon et la terre, les arbres et les berges : d’un côté le canal Saint Denis, de l’autre la Seine. Nous sommes sur une pointe de terre entourée d’eaux. C’est un terrain vague dont le milieu est squatté par le 6B.
A. Et c’est de cette barre que tout va surgir. Pars du premier étage. Imagine son plancher, et prolonge-le, comme si il sortait des façades.
B. J’imagine cette dalle dans un mélange de verre, parfois opaque parfois transparente, s’étirant dans toutes les directions.
A. Oui, mais de façon ordonnée : face à chaque façade, la dalle dessine comme un parvis au-dessus du sol. La dalle devient des gradins. De ces gradins sont projetés sur les façades du 6B des films, des courts métrages des documentaires. Les gradins font écho au 6B.
B. Et sous les gradins ?
A. Des salles de cinéma.
B. Et que se passe-t-il sur le reste du terrain ?
A. Le plancher du 6B s’étire dans sa longueur, vers la pointe. A son extrémité, une sphère. Une sphère qui ferait hommage à la découverte. La sphère du rêve. Comme flottante, ne touchant pas le sol, elle serait dotée d’une myriade d’écrans intérieurs, aussi lumineux que les surfaces réfléchissantes extérieures. Une boule de lumière.
B. Je vois des gens qui y vont, depuis le sol ou des passerelles qui se connectent, ils sont partout, ils affluent des berges, ils fourmillent. Cet endroit désormais vit. Le 6B avant friche, devint riche.
Comments